Avec PG

Fonctionnement d’un organigramme de sécurité

La plupart des établissements publics et privés sont pourvus d’un organigramme de serrures. On en trouve notamment dans les entreprises (banques, PME, multinationales…), les établissements scolaires, les hôtels, ou encore les services publics (transports publics, mairies, administrations…).

Vous-même, vous utilisez probablement des serrures qui font partie d’un organigramme, sur votre lieu de travail, ou encore lors de vos déplacements. Vous allez découvrir dans cet article comment fonctionnent ces organigrammes.

Tout d’abord, voyons ce qu’est exactement un organigramme de clés.

 

Définition d’un Organigramme :

En serrurerie, un organigramme est un ensemble de cylindres prévus pour être ouverts par un Pass Général, aussi appelé Passe-Partout. C’est le cas par exemple pour un hôtel ou un ensemble de bureaux où chacun a la clé de sa propre porte et ne peut pas ouvrir la porte de son voisin. Le responsable a quant à lui une « clé spéciale », le Pass qui permet d’ouvrir toutes les portes.

Nous allons voir dans cet article qu’en réalité, la clé n’a rien de spéciale, mais les cylindres, eux, le sont. Les détails techniques suivants s’appliquent à la majorité des cylindres en circulation. Pour être précis, cela s’applique aux cylindre pourvus d’une seule rangée de « d’éléments bloquants à double-action », auxquels il est possible d’appliquer les théories de Total Position Progression ou Rotating Constant. Ces concepts seront expliqués plus en détails sur ce blog. Retenez simplement que cela concerne la quasi-totalité des serrures à clés plates, serrures à disques, serrures à effet pompe, et la moitié des serrures à clés réversibles.

On peut schématiser un organigramme à 2 niveaux de la manière suivante :

On constate que les clés de la porte 1 n’ouvrent que cette porte, les clés de la porte 2 n’ouvrent que la porte 2, etc.
La clé de Pass (le Pass Général), ouvre toutes les serrures.

Certaines infrastructures exigent des organigrammes à plus de 2 niveaux, selon une conception pyramidale. Voyons à quoi ça ressemblerait :

Les Clés individuelles n’ouvrent qu’une porte ou un groupe de porte s’entrouvrant.
Les Passes Partiels ouvrent plusieurs serrures de combinaison différente, mais pas la totalité.
Le passe Général ouvre toutes les portes.

Enfin, on trouve des organigrammes, dits « avec interférences ». Ce sont les organigrammes d’au moins 3 niveaux, mais dont la conception n’est pas tout à fait pyramidale :

Ce genre d’organigramme est à éviter si l’on recherche le maximum de sécurité car il est généralement plus facile à compromettre du fait de la multiplicité de clés ouvrant chaque cylindre.

 

Fonctionnement des organigrammes :

Comme vous pouvez le constater avec les schémas précédents, le concept même de l’organigramme repose sur la capacité d’un cylindre à être ouvert par plusieurs clés. Or, l’essence même d’un cylindre est à l’origine de ne pas pouvoir être ouvert avec une autre clé que celle prévue initialement.
Si on reprend l’explication du fonctionnement des serrures à goupilles, on constate qu’une clé dont la combinaison est erronée sur au moins un emplacement ne pourra pas ouvrir.

Pour permettre à plusieurs clés d’ouvrir un même cylindre, les fabricants ont imaginé rajouter une goupille intermédiaire, un séparateur, qui a pour effet de multiplier par 2 le nombre de clés autorisant la rotation du rotor. Ainsi, plusieurs clés différentes vont pouvoir ouvrir un même cylindre (regardez la goupille n°3) :

En étendant ce principe sur plusieurs goupilles présentes dans le cylindre, il est alors possible de créer une multitude de combinaisons différentes pour un même cylindre. Mais il est surtout possible d’avoir des centaines, voire des milliers de cylindres dont les clés sont différentes, mais qu’ils soient prévus pour être également ouverts par une clé Passe Général.
Voici des exemples de cylindres d’un même organigramme.
Passez la souris sur les chiffres noirs pour voir les différents cylindres, et sur les chiffres rouges pour mettre en évidence la combinaison du PG sur chacun.

Combinaison commune à tous les clindres du même organigramme

Il est intéressant de noter que la combinaison est présente dans tous les cylindres sans exception, et que c’est la seule combinaison commune…

Le fonctionnement d’un organigramme est donc basé sur des cylindres qui partagent une combinaison commune en plus de leur propre combinaison.

FrenchKey

Profil Cylindre Européen
Profil Cylindre Européen
Profil Cylindre Européen
Profil Cylindre Européen
Profil Cylindre Européen
Profil Cylindre Européen
Profil Cylindre Européen

Lockcon

LockCon 2012

Cette année, grande nouveauté,

La LockCon a eu lieu aux Etats-Unis !

On a donc pu profiter d’un nouveau lieu formidable : Le centre de formation de LSI (Lockmasters Security Institute) dans le Kentucky.
Ce centre de formation abrite 2 des plus impressionnantes collections de serrures, serrures de coffre-forts, et cadenas que l’on peut trouver aux Etats-Unis. On y trouve aussi des outils faits maison, des idées sympas, de la philosophie et des trucs qui font peur !
L’équipe de LSI est très sympa et ça a été un réel plaisir de faire cette LockCon là-bas.

Au fil des conférences, on a pu découvrir ou redécouvrir l’escalade de privilèges (fabrication d’un passe-partout), le crochetage des serrures de coffres-forts, la fabrication de clé à la main, le Spoutnik, l’impression sur Serrures à disques, ou encore les procédés de fabrication des picks de crochetage et les failles des scellés mécaniques!
Eh oui, on y voit notamment ces rubans adhésifs qui laissent des preuves si on les décolle, et même si on les recolle. Sauf avec les bons solvants ;-). Et bien d’autres scellés encore…

Un programme bien rempli en journée, sans oublier des soirées très animées.

Ce changement nous a également apporté son lot de surprises notamment pour les concours :
Concours d’impression, nouvelle règle : il faut attendre le top-départ pour placer l’ébauche dans sa pince (pas de bol pour ceux qui ont des pinces hyper-compliquées…).

Concours de crochetage, nouvelle règle : il faut attendre le top-départ pour placer son entraîneur dans la serrure (pas de bol pour tout le monde).
Autre nouveauté évidemment, les modèles de cylindres. On a eu droit à des serrures un peu exotiques pour nous les européens.

Concours d’ouverture de coffre-fort, nouvelle règle : les serrures n’ont pas été modifiée pour faciliter leur ouverture. Du coup, aucun des participants n’a ouvert ! (idem, pas de bol… ;-)

Quelques désagréments qui n’ont pas empêché chacun de s’amuser, se faire de nouveaux amis et de profiter à fond de cette nouvelle rencontre internationale !

Vivement l’année prochaine !

Lexique à la une

Fonctionnement des serrures à goupilles

De nos jours, la majorité des serrures que nous utilisons sont des serrures à goupilles.
Elles ont été inventées sous leur forme actuelle par Linus Yale au milieu du XIXème siècle qui a remis au goût du jour un principe utilisé dans l’ancienne Egypte, il y a environ 4000 ans.

Une serrure à goupilles est constituée d’une partie fixe, appelée stator, qui est fixée à la porte, et d’une partie mobile, le rotor, qui va tourner avec la clé et actionner un mécanisme d’ouverture de la porte. Explications avec une vue en coupe :

Pour empêcher le rotor de tourner librement en l’absence de clé, on a placé des jeux de goupilles (petits cylindres métalliques) qui sont piégés en cisaillement entre rotor et stator.
La goupille qui touche la clé est appelée goupille active et la goupille qui touche le ressort est appelée goupille passive.

Au repos, en l’absence de clé, ce sont les goupilles passives qui empêchent le rotor de tourner. Lors de l’introduction de la clé, les goupilles changent de hauteur mais bloquent toujours. Le blocage peut s’effectuer au niveau de la goupille active ou passive.
Lorsque la clé est complétement insérée, la césure entre Active et Passive coïncide avec la ligne de césure entre le Rotor et le Stator : la clé peut alors tourner librement :


Les goupilles ne sont pas alignées tant que la clé n’est pas insérée complétement

Une fois la clé insérée, la ligne de césure ne bloque plus la rotation. La serrure peut alors tourner librement avec la clé.

Les serrures les plus courantes disposent généralement de 5 ou 6 goupilles afin d’assurer un minimum de sécurité et pour pouvoir créer un nombre important de clés différentes :
Passez votre souris sur l’image pour voir la serrure s’ouvrir

Image a la une Impression

Tutoriel d’impression d’une clé paracentrique

L’impression est une technique qui consiste à fabriquer une clé sur une serrure sans connaissances préalables de la clé originale. L’idée est d’obtenir les informations directement de la serrure elle-même – sans la démonter – simplement en associant un mouvement de bascule à une force de rotation avec une ébauche. Les goupilles de la serrure vont laisser des marques sur l’ébauche, sauf quand la combinaison de la clé est à la bonne profondeur.

Pour illustrer la technique, voici la vidéo d’un exemple d’impression :

Matériel idéal :

  • Une ébauche en laiton, correspondant à la serrure à ouvrir
  • Une lime aiguille demi-ronde de qualité Suisse
  • Une petite pince-étau (entre 10 et 15 cm)
  • Une lampe-loupe à néon
  • La serrure à ouvrir bien fixée dans son étau

 

Détails techniques :

Pour bien comprendre ce qui rend possible le fonctionnement de l’impression, il faut bien comprendre le fonctionnement d’une serrure à goupilles.

Une goupille ne réagit pas de la même manière quand elle est à la césure et quand elle ne l’est pas.

Lorsque l’on applique une force rotation, une ou plusieurs goupilles sont bloquées en cisaillement entre le rotor et le stator. Ces goupilles vont alors marquer la clé si on produit un mouvement de bascule avec la clé. Les goupilles bloquées agissent alors comme un pointeau sur la lame de la clé.

Ce qui est très intéressant est que lorsqu’une goupille est à la césure, elle n’est évidemment pas bloquée en cisaillement. Elle profite d’un petit espace de déplacement :
Passez la souris sur les images pour voir le déplacement

 

Zoom de la ligne de césure :

On comprend d’où provient ce jeu : en position de repos, le ressort pousse la goupille passive contre le rotor Lors du mouvement de basculement de la clé, la goupille active profite d’un jeu de plusieurs centièmes de millimètres (au maximum jusqu’à ce qu’elle touche le stator). Ce mouvement de la goupille accompagne le mouvement de la clé : aucune marque n’est créée contrairement à précédemment

Le mouvement de bascule de la clé ne produira alors aucune marque.

On peut en déduire que les marques créées indiquent les emplacements sur la clé dont la hauteur n’est pas adéquate. En d’autres termes, elles indiquent les emplacements à limer. Cela a pour effet de modifier la hauteur (pour le test suivant), et d’effacer les marques (pour une lecture claire du nouveau test).

Procédure :

Voici à quoi ressemble la surface de la lame de votre ébauche neuve :
Cliquez sur les images pour les agrandir

Zoom :

Préparation de l’ébauche :
Bien fixée dans la pince-étau, préparez la lame de la clé avec le côté plat de votre lime pour obtenir une surface lisse et homogène similaire à du verre dépoli :

Zoom :

C’est la surface idéale pour repérer les marques.

Premier « test » (prise d’empreinte) :
Insérez la clé dans le cylindre,
Appliquez et maintenez une force de rotation dans le sens d’ouverture,
Effectuez deux ou 3 mouvements de bascule de haut en bas.
Appliquez et maintenez une force de rotation dans le sens de fermeture,
Effectuez deux ou 3 mouvements de bascule de haut en bas.

Lecture du premier test :
Sortez la clé en faisant attention de ne plus appliquer de force de rotation.

Placez la clé sous la lampe-loupe pour repérer la ou les marques.

Zoom :

Le plus souvent, les marques ressemblent à des coups de pointeau sur la surface de la clé. Elles sont parfois difficiles à voir, elles peuvent apparaître sous la forme de points lumineux, ou au contraire de points sombres en comparaison avec le reste de la surface.

Première modification de la clé :
Utilisez le côté arrondi de votre lime pour former un arc de cercle à l’emplacement de la marque. S’il y a plusieurs marques, limez chacune soigneusement.

Deuxième prise d’empreinte :
La clé ainsi modifiée est maintenant prête pour un nouveau test,
Insérez à nouveau la clé dans le cylindre,
Appliquez et maintenez une force de rotation dans le sens d’ouverture,
Effectuez deux ou 3 mouvements de bascule de haut en bas.
Appliquez et maintenez une force de rotation dans le sens de fermeture,
Effectuez deux ou 3 mouvements de bascule de haut en bas.

Lecture des marques de la deuxième prise d’empreinte :
Sortez la clé en faisant attention de ne plus appliquer de force de rotation et placez-la sous la lampe-loupe.

Deuxième modification de la clé :
Utilisez à nouveau la partie arrondie de votre lime pour approfondir les arcs de cercle si des marques y apparaissent à nouveau, ou pour créer des arcs de cercle là où ça commence à marquer.

Zoom :

Au bout d’un moment, certains arcs de cercle n’auront plus de marques :
Il ne faut bien sûr pas limer à nouveau ces emplacements. Si vous avez bien suivi ce tuto, vous savez que cela signifie que ces emplacements ont enfin la bonne profondeur. Occupez-vous alors des autres emplacements qui marquent.

Et finalement, après quelques tests, la clé ayant été limée successivement, elle va ouvrir le cylindre !

En suivant scrupuleusement cette procédure, vous serez à même de fabriquer une clé fonctionnelle en quelques minutes !

J’espère que ce petit tutoriel vous a plu et qu’il vous aura permis de comprendre comment fonctionne l’impression.

Have Fun
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Ce site n’a pas pour vocation de former des cambrioleurs ou des espions industriels. Les techniques détaillées ne couvrent donc pas les méthodes spécifiques qui pourraient être utiles à ces personnes. Si vous travaillez pour un gouvernement ou avez pour fonction de protéger des données, des biens ou des personnes, n’hésitez pas à me contacter pour des explications ou formations adaptées à vos besoins particuliers.

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Salon ALOA 2012

Associated Locksmiths Of America. Le salon ALOA réunit chaque année des centaines de membres de l’association qui viennent découvrir les nouveautés des fabricants de serrures, de coffres-forts et autres matériels liés à la serrurerie.

Le salon permet de rencontrer directement les industriels qui font de la serrurerie aux Etats-Unis ce qu’elle est de nos jours et j’ai pu constater que c’est assez différent du mode de fonctionnement en France. Les marques de haute sécurité du groupe ASSA Abloy et Ilco sont bien présentes, mais on sent qu’elles n’ont pas la place forte face aux marques d’entrées et milieu de gamme telles que Schlage, MasterLock, Burg Wächter ou encore Abus.

 

Ce qui est très marquant sur ce salon par rapport au marché français, c’est l’omniprésence du matériel d’ouverture de serrures. Alors qu’en France le sujet semble tabou, ou tout du moins assez inhabituel, les Américains ont l’embarras du choix pour se fournir en matériel spécialisé pour l’ouverture de serrures, coffres forts, voitures… de même que les organismes de formations ne manquent pas à l’appel !
Pour les marques, on retrouve les très connues Lockmasters, HPC, Determinator, mais j’y ai également découvert une marque qui fête pourtant son centenaire : HL Flake !
Il existe plus d’une dizaine d’associations, journaux spécialisés et centres de formation qui permettent aux serruriers dignes de ce nom de faire leur métier dans les règles de l’art. Les associations, pour n’en citer que quelques-unes : Aloa.org bien sûr, clearstar.com, iail.org, savta.org… Les journaux : Locksmith Ledger, The National Locksmith… et les centres de formation les plus connus : LSI et MBA USA. En parlant de LSI, regardez l’article sur la LockCon 2012, vous ne serez pas déçus !
Parmi les différences marquantes par rapport à la France, j’ai noté également les nombreuses machines à clés à codes, mécaniques. Contrairement à la France où les machines à codes sont plutôt rares du fait de leur prix, généralement entre 20 000 et 50 000 euros (qui s’explique en partie parce qu’en France ce sont des machines électroniques), les machines à codes mécaniques américaines sont vendues à des prix tout à fait abordables, oscillant entre 2500 et 8000 Dollars !

Dernier point très intéressant, il s’agit des stands dont l’unique but est de proposer leurs services pour améliorer le retour sur investissement des serruriers, notamment par de la pub, des gadgets, des sites webs… Même si certains frisaient franchement l’arnaque (j’ai quand même gagné un t-shirt ! ), la plupart avaient à mon avis de vrais atouts comme Keys for kids, Locksmith directory, Lucky Line ou encore Key Craze.

Il est agréable et rassurant de constater qu’il existe des organisations qui s’occupent du bon fonctionnement du monde de la serrurerie. Le salon ALOA 2012 était un événement plein de belles rencontres et de découvertes que je conseille à toute personne intéressée par ce domaine !

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